Once I was a teenager – Maxwell

Extrait d’une pièce écrite en classe de première, au Lycée

Maxwell – Et toi Jake, t’as la réponse aux questions qui m’empêchaient de dormir ? T’as un baume à la solitude, à l’abstinence sexuelle forcée par l’isolem social, à tous leurs putains de complexes psychanalytiques à la con? T’as une solution pour devenir un homme, un vrai ? (Pensif) Tu seras un homme, mon fils…

Comment réussir à ne pas rater sa vie, hein? À ne pas la gâcher ? Comment savoir si le bonheur n’est pas dans leurs publicités, dans une vie superficielle, loin de la recherche de soi et des angoisses existentielles en forme de points d’interrogation insolubles ? Comment réussir à faire de leur consommation le but de notre vie, est ce vraiment le modèle que l’on devrait suivre ? Qui sait…?

(A Jake) Dans quelle mesure pouvons nous dire  qu’on l’a ratée, cette vie? (Un silence.) Rolex. Ferrari. Moulinex. Porsche. Samsung. Mont Blanc. Danone. Macintosh. Total. Carrefour. Coca-Cola. Ikea. Tiffany’s. Cheap Monday. Converse. Toutes ces conneries. Comment savoir où se trouve notre idéal de vie, celui qui nous accomplirait pleinement, hors et loin de cette vie de devises et d’argent gagné ?

T’es-t-il déjà arrivé de te sentir dépassé, submergé, écrasé par tes angoisses et tes questions ? Moi oui. Perpétuellement. Je n’ai jamais été et ne serai jamais sûr de rien mais une chose est certaine. J’ai toujours eu peur. Toujours. De tout. Immensément. Peut être est ce pour cela que j’ai tué, que j’ai assassiné, que je suis devenu un monstre. Je ne sais pas. Je n’en sais rien. Peut être est-ce par peur que j’ai tué avant de me tuer. (Encore un instant) Je ne sais pas quel écrivain a publié ces lignes, mais elles me sont restées en tête depuis le moment où je les ai lues:  » Il existe une chose plus abjecte que le meurtre, c’est de pousser au crime celui qui n’était pas fait pour lui. » C’est Camus, je crois. Je…

Maxwell tourne de l’oeil, s’effondre sur sa chaise, inconscient. Ian attrape les poignées et l’emmène vers les coulisses. Jake les arrête.

Jake – Eh! Mais qu’est ce que vous faites ?!

Ian – Les sédatifs ont fait effet.

[NOIR]

Mood – 10/03/2022

Visite de l’incroyable Maison sculptée, 06/03/2022

Bien que l’on ne puisse plus dire que nous vivons encore vrais hivers, la saison sombre s’en va pour laisser place à la lumière. Et dans ce monde qui avance extrêmement vite, je ressens profondément le besoin de ralentir. De faire les choses à mon rythme. Peut être est ce parce que j’ai une famille maintenant ? Je ne sais pas. Mais moi qui ai exercé pendant des années des métiers tournés vers les autres, pour la première fois de ma vie je ressens sans culpabilité aucune l’envie de me consacrer à moi. Mes racines. Mes besoins. Ma famille. Mes amis. Mon entourage. Mon parcours. Mon fils.

Faire l’éloge de la lenteur, c’est étonnamment difficile dans ce monde où tout court à perdre haleine. Et d’ailleurs, je m’apprête à faire de grands changements de vie tout en tenant le choc pour sortir la tête de l’eau financièrement, et ce serait mentir que de dire que je voudrais que tout me tombe cru dans le bec. En un claquement de doigts, tout serait fait. Ma reconversion professionnelle, un petit pécule de côté pour pouvoir voyager à l’envi comme avant, l’harmonie gagnée dans ma famille et mon couple. Je suis fatiguée, après cette année 2021 qui ressembla fort à un grand ouragan au milieu duquel j’ai tenu le choc tant bien que mal. Mais bon.

Le temps des récoltes est proche, je le sens. Et sans écouter l’injonction de la société qui voudrait que tout un chacun soit accompli le plus jeune possible, ma success story à moi est encore à construire. Il faut encore avancer, pas à pas, poser des fondations, et les pierres de ce que l’on va construire ensemble. Ça a été dur, il est vrai. Mais il faut tenir encore. Les grands accomplissements ne se sont pas faits en si peu de temps, et nos rêves valent bien la peine de se battre encore. Le temps des récoltes est proche. Je le sens. De petits miracles nous parviennent déjà, à la faveur de cette lumière timide qui perce à travers les nuages.

Dans ces moments là, je me rappelle toujours de cet épisode de ma série préférée, Scrubs. J’ai toujours adoré cette balance savamment dosée entre un humour enfantin, absurde, et de belles réflexions sur la vie dont la profondeur m’a marquée jusqu’à aujourd’hui. À un moment donné, le Dr Kelso dit ces mots qui me sont restés : « Rien de ce qui vaut la peine en ce monde ne s’obtient sans mérite. » Et il avait raison, le bougre.

La paix intérieure, les rêves, l’harmonie ça se construit. Ça se travaille. Ça se mûrit, ça se patiente. Mon cœur de guerrière a encore à faire quelques pas. Et je ne m’arrêterai pas en si bon chemin.

En attendant, je suis reconnaissante du chemin parcouru. Je suis reconnaissante de ce que la vie m’a offert, de ce que j’ai vu et expérimenté, de ceux que j’ai rencontré et que l’Univers a mis sur ma route. Si je regarde derrière moi, je ne regrette rien. Merci infiniment à la Lumière ! J’ai hâte de voir la suite 🧡

Mon journal de reconversion #13

Sunset

Medicoop, anciennement Medicoop 35, c’est donc une agence d’intérim spécialisée dans le remplacement des salariés notamment des structures de l’Adapei en Ille et vilaine. J’allais donc surtout travailler avec des personnes en situation de handicap de divers âges, avec des niveaux d’autonomie très divers. Essor, de son côté, est une association qui compte des Maisons d’enfants à caractère social, donc prenant en charge des adolescents placés là sur décision de l’ASE (l’Aide Sociale à l’enfance).

Au sein de Medicoop, j’ai fait beaucoup de structures. Celles au sein desquelles j’ai le plus travaillé sont des Services d’accueil de jour (SAJ), des Instituts Médico-Educatifs (IME), et des Maisons d’accueil Spécialisées (MAS). Les premières sont des structures accueillant des personnes en situation de handicap pour leur proposer des activités la journée, les secondes des structures accompagnant des jeunes et des enfants en situation de handicap pour favoriser leur développement sur tous les plans afin de les aider à terme à s’insérer au mieux dans la société, et les dernières des foyers médicalisés prenant en charge des adultes en situation de handicap lourd nécessitant des soins en continu.

Pendant cette année et demi de remplacements, j’ai apprécié la grande diversité de pratiques que j’y ai découvert, qui m’a beaucoup appris en termes de pratique professionnelle et d’expérience de terrain. Cependant, le statut de remplaçant n’était pas toujours facile à vivre. Le développement de ce genre d’agences n’était pas très bien vu de tous, pour des raisons que je comprends : le social vit de grands changements qui détériorent la qualité de l’accompagnement, et un turn over important auprès de personnes qui ont besoin d’une stabilité au quotidien n’aide pas à maintenir une certaine sérénité.

Pour ces raisons, j’étais parfois mal accueillie dans certaines structures, et à cela s’ajoutait un sentiment de frustration de ne pas pouvoir construire quelque chose avec les résidents que j’accompagnais, de devoir rester dans la superficialité de ce travail même si la fonction de remplaçant demandait réellement des compétences professionnelles ainsi qu’une grande capacité d’adaptation. J’avais envie de mettre en place des ateliers, des projets, des suivis de longue durée sans le pouvoir. Au sein de l’association Essor, je fus bien accueillie même si j’y rencontrai les mêmes ressentis qu’à medicoop. La structure dans laquelle j’intervenais était agréable, ainsi que l’équipe et les jeunes.

En 2019, je commençai à faire du bénévolat à côté de mon activité professionnelle, en partie pour pouvoir satisfaire mon besoin de travailler avec d’autres publics, à la hauteur de mes compétences d’éducateur spécialisé. J’intervenais dans un squat rennais en tant que travailleuse sociale bénévole, auprès de demandeurs d’asile géorgiens surtout, du fait de ma pratique du russe. Cette expérience a renforcé mon souhait de travailler avec ces publics (en situation de grande précarité, demandeurs d’asile et étrangers).

A suivre…

Je suis une femme.

Je me suis longuement interrogée sur la féminité, pendant des années. Et je pense que cette réflexion va de pair avec le chemin que l’on doit faire pour s’accepter et s’aimer soi-même. Et l’appréciation de soi, bien que perçue comme égocentrique ou condescendante par les valeurs que nous a inculquées cette société, est tellement importante pour avancer sereinement sur son chemin. Répondre à cette question n’est pas une tâche facile. Beaucoup d’injonctions, de pressions et de complexes créés par ce système brouillent cette réflexion, et on perd des années à tenter de correspondre à un idéal inatteignable, qui ne nous correspond pas vraiment au final.

Je ne dis pas que mon chemin est celui que doivent suivre toutes les femmes, bien évidemment. Mais partager mes réflexions me semble positif, car participer à cette grande libération de la parole permettra peut être à d’autres de trouver leur propre voie? Qui sait. Dans tous les cas, dans mon cas j’ai fini par me dire que la raison pour laquelle je ne trouvais pas de réponse était peut être parce qu’il n’y en avait pas qu’une ? Être femme, ce n’est pas correspondre à un idéal, mais correspondre à mille idées de la féminité en même temps. Et ça vaut aussi pour toutes les personnes, qu’elles soient hommes, femmes ou non genrées. On est la somme de tout un tas d’expériences, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, et c’est ce parcours et cette richesse qui fait de nous ce que nous sommes. Et après tout ça nous sommes encore debout, alors soyons fiers de nous !

Alors voilà. Je m’efforce de dire aujourd’hui que comme tout un chacun j’ai à m’aimer telle que je suis. Comme tout un chacun j’ai traversé un certain nombre de choses, et lorsque je regarde derrière moi je considère ce parcours avec amour. Je suis fière de ce que j’ai traversé et de ce que je suis aujourd’hui. Alors pour porter la multiplicité de ce que je suis, me voilà toute entière :

Cette femme-là, c’est moi. Celle qui crée comme pour ne pas étouffer, celle qui a dépassé son manque cruel de confiance en soi pour monter sur les planches de nombreuses fois. Celle qui rêvait d’être comedienne et écrit depuis qu’elle sait tenir un crayon. Celle qui ne pouvait s’empêcher de dessiner des fées sur les marges de ses cahiers d’école.

Cette femme-là, c’est moi aussi. Celle qui s’est mariée et qui est heureuse de l’être. L’hypersensible. Celle qui ne sait pas faire autrement que d’aimer à s’en oublier elle-même. Celle qui serait capable partir à l’autre bout du monde avec un compagnon qui saurait lui rendre un centième de ce qu’elle sait aimer.

Cette femme-là, c’est encore moi. Celle qui a touché le fond, écrasée par le deuil. Celle qui seule, buvait pour ne rien ressentir certains soirs. Celle qui s’était dissociée à un tel point qu’elle en était devenue incapable de discuter longtemps avec des gens sans se fatiguer. Mais c’est aussi celle qui a trouvé le courage de remonter vers la Lumière.

Cette femme-là, c’est moi. La sorcière intuitive, la medium, la païenne animiste. Celle qui cherche les korrigans à Brocéliande et ressent les échos du passé dans les vieilles pierres. Celle qui a toujours aimé les arbres et qui se sent renaître avec la nouvelle lune.

Cette femme-là, c’est moi aussi. Celle qui devint maman sans le prévoir, mais qui découvrit un amour incomparable en même temps que mille et une nuances d’épuisement ! Celle à qui la maternité offrit une des expériences les plus incroyables de sa vie, et lui a donné encore plus envie de s’accomplir elle même, pour inspirer son fils à son tour.

Cette femme-là, c’est encore moi. Celle pour qui l’amitié est une valeur fondamentale, celle qui ferait n’importe quoi pour quelqu’un qu’elle aime. Celle qui aime se déguiser en fée pour gambader dans le jardin de ses amis. Celle qui aime philosopher sur le sens de la vie jusqu’à 5h du matin pourvu qu’il y ait quelques bières à boire. Celle qui considère ses amis comme sa deuxième famille, la famille que l’on se choisit. Celle qui n’a pas de meilleurs amis, mais des frères et des soeurs.

Cette femme-là, c’est moi. Celle qui ne est jamais sentie aussi libre et légère que sur la route. Celle pour qui le voyage est un second souffle, une renaissance. Celle qui aime passionnément découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles mentalités. Celle qui ne rêve que d’aventures, de découvertes, de nouvelles expériences et de repartir encore une fois.

Enfin, cette petite fille là, c’est moi aussi. Maligne, rêveuse, curieuse. Celle qui ne jurait que par les contes bretons et le Seigneur des Anneaux. Celle qui jouait à la guerre et aux Barbies un peu quand même, celle qui se baladait avec un Pikachu sous le bras et aimait les jeux vidéo autant que les livres. Parce que tout part d’elle. Mes rêves, mes aspirations, mon univers, mon imaginaire. Tout part d’elle. Et elle est toujours là, avec moi. Parce que c’est pour elle que je mène ma vie. Pour qu’elle soit fière de nous.

Je n’ai pas balayé toutes les facettes de ce que je suis. Mais c’est déjà une prise de risque pour moi que de l’affirmer : je suis quelqu’un de bien. Et vous l’êtes aussi !

Et vous, qui êtes vous ?