Mon journal de reconversion #17

MEDEF 2017

Ces situations ubuesques, je pourrais les raconter par dizaines. Leur nombre était difficile à vivre au quotidien, parasitait le travail, et ajoutait de la fatigue supplémentaire. Outre cela, il me faut mentionner des situations de harcèlement moral dont j’ai été témoin de la part de ce directeur, qui n’avait pas son pareil pour venir vérifier que ses employés travaillaient effectivement (jusqu’à venir vérifier à 1h du matin passées que ses veilleurs étaient à leur poste). Ce directeur, d’ailleurs, manquait cruellement d’empathie envers les jeunes.

Parlons en des jeunes, d’ailleurs. Nous travaillons aussi fort que possible pour eux, avec autant d’humanité possible malgré nos conditions de travail. Mais il me faut reconnaître que leurs conditions d’accueil étaient à mes yeux proprement scandaleuses, et cet état de fait m’a conduite à travailler dans des conditions contraires à mon éthique pendant un an et demi. Outre le personnel en nombre insuffisant pour encadrer le collectif énorme, ils disposaient d’une seule cuisine pour 80, trois frigos qui n’étaient jamais lavés ou alors une fois l’an (notre seule et unique agente d’entretien à mi-temps ne pouvait pas faire de miracles), et vivaient dans de petits appartements situés dans de vieux bâtiments truffés de problèmes de plomberie et d’électricité. Sans rentrer trop dans les détails, il me semble important de préciser aussi que plusieurs chambres avaient un problème de puces de lit et qu’un certain nombre de rats avaient élu domicile sur la structure.

Encore une fois, je pourrais lister les problèmes que comporte la structure où j’ai travaillé, mais cela ne changerait rien. L’important est de comprendre cette idée : même si on aime profondément son travail, exercer dans un tel paradoxe est épuisant. Équipe fabuleuse s, travail passionnant, jeunes extrêmement attachants, mais conditions de travail et d’accueil maltraitantes…

J’ai accumulé par la force des choses une grosse fatigue, de la colère, du stress. Vers la fin février 2021, j’ai dû m’arrêter un mois parce que j’étais trop fatiguée psychologiquement. Je pense que je n’étais pas loin d’un burn out, le travail étant trop lourd à porter avec ma vie personnelle. Lorsque je suis revenue au travail, ce sentiment de ras le bol ne m’a pas quittée. J’étais partagée entre un dégoût grandissant des conditions de travail de mon métier et l’attachement que je ressentais pour mes jeunes. Mais… Nouveau coup de théâtre.

La vie décida de trancher pour moi : fin septembre 2021, j’apprends que mon contrat n’est pas renouvelé. Je quitte donc l’association fin novembre.

[A suivre…]

2 réflexions sur “Mon journal de reconversion #17

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