Journal des émotions : l’angoisse (1/2)

L’angoisse. Encore un fardeau que j’ai trop bien connu pendant des années. Associée à la peur, c’est un terrible kaléidoscope qui déforme la moindre parcelle de réalité pour la rendre terrifiante et douloureuse. Toute la vie prend un tour compliqué, il faut envisager chaque situation rencontrée, chaque petite action avec la plus grande prudence du monde. Sinon, si on se laisse aller à ses griffes, à ce monstre qui habite nos entrailles, c’est foutu…

Mon monstre à moi, il est fait d’acide et de dents acérées. Je connais par cœur son mode opératoire. En général, il se réveillait avec ma peur de l’abandon, du jugement, ou de la trahison. Et lorsque je rencontrais un déclencheur, c’était d’abord mon mental qui le réveillait : les pensées se réveillent, s’agitent, se débattent de plus en plus vite jusqu’à créer un brouhaha qui envahit ma tête entière et ne laisse la place pour rien d’autre. Ensuite, lorsque le bourdonnement est revenu, ma gorge se serre, ma poitrine devient lourde et mon estomac se tord, s’acidifie, comme s’il y s’écoulait de l’acide sulfurique. Dans mes vieux textes, j’imaginais qu’une lame de scie sauteuse tournait dans ma tête et qu’un bidon d’acide se vidait dans mon estomac. Cette métaphore est toujours très adaptée à mes yeux. Et cet état physique global fait monter une tension émotionnelle en moi qui finit par serrer mon cœur, de plus en plus, jusqu’à ce que je pleure. Jusqu’à ce qu’arrive le point culminant de la crise, en fait.

Le processus pour arriver à ce point culminant me prenait plusieurs heures, voire une journée entière. Et lorsque j’arrivais à calmer tout ça, avec le soulagement venait à chaque fois la fatigue, et la culpabilité d’avoir perdu une journée à gérer mon angoisse. En général, je parlais à quelqu’un de ce que je ressentais, soit mon conjoint de l’époque ou ma mère, ou encore quelques amis très proches. Si cela ne m’aidait pas, je jouais à un jeu vidéo (un média basé sur une interaction permanente entre le support et le joueur constitue un parfait outil de blocage des pensées), ou dormais. Chacun ses petites techniques pour calmer les crises, jusqu’à l’apparition du prochain déclencheur.

Pour commencer à vraiment travailler sur moi-même et me sentir mieux, il m’a fallu apprendre à gérer cet état récurrent qui me pourrissait la vie. Apprendre à contrer les symptômes, écouter mon corps et mes émotions, mieux les comprendre et apaiser mon angoisse plutôt que de la refouler.

Le livre « Le pouvoir de l’instant présent » de Eckhart Tolle m’a aidée à faire le premier pas.

[A suivre…]

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. philvango dit :

    tres jolie texte, bien écrit, moi ce qui m’a aidé c’est le stoïcisme, notamment Marc Aurèle et Epictete, bonne soirée

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    1. fabreminuit dit :

      merci pour le conseil ! c’est vrai que ça se tient. chacun trouve sa façon de gérer l’angoisse 🙂

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