Mon journal de reconversion #7

Le Dossier de Pratiques Professionnelles m’intéressait par son sujet. Cet écrit consiste en une analyse de sa pratique auprès des usagers, en partant de trois situations vécues en stage pour ensuite prendre du recul sur la manière dont on a réagi. J’ai décidé pour ce dossier de ne pas écouter les conseils qu’on m’avait donné (« donne-leur ce qu’ils veulent lire, ensuite tu travailleras comme tu l’entends. ») et de vraiment m’essayer à cet exercice : j’avais envie de faire un véritable état des lieux de ma manière de travailler, en parlant de ses points forts et points faibles, plutôt que de rouler des mécaniques comme une super-héroïne du social pour impressionner mon jury. D’une certaine manière, je me suis mise en danger. Mais je ne le regrette pas, car mon DPP aura été ma plus basse note mais mon écrit le plus sincère, dans lequel je me reconnaissais vraiment.

Pour mon mémoire (qui devait être compris entre 45 et 55 pages tout de même!), il me fallait monter un projet lors de mon stage long, basé sur de la théorie, le mettre en place et puis en analyser l’efficacité avant de le faire évoluer pour qu’il convienne éventuellement mieux aux usagers. J’ai décidé de monter un atelier théâtre basé sur la pratique de l’improvisation auprès des résidents du Foyer pour grands précaires au sein duquel je travaillais. Ce fut un travail passionnant, pour lequel je donnai beaucoup d’énergie. Le format de l’atelier fut le premier problème que je dus résoudre. Les résidents n’étant pas habitués à se concentrer sur une activité pendant trente minutes, je rajoutai à chaque fois un paquet de gâteaux et un pichet de café dans lequel ils avaient le droit de se servir comme ils le souhaitaient. Cela permettait de leur offrir une petite pause dans les exercices, et par la même occasion de prolonger leur temps de présence à l’atelier. Ensuite, il m’apparut très rapidement qu’il serait impossible avec les moyens que j’avais de monter un projet avec eux : il aurait fallu prendre beaucoup plus de temps pour les initier à la pratique théâtrale avant de travailler une pièce (ou autre chose), et de toutes façons j’avais déjà toutes les peines du monde à fidéliser un groupe assez consistant. Parfois je n’avais personne, parfois cinq ou huit participants, parfois deux… Et seulement trois résidents revinrent régulièrement à l’atelier. Je décidai donc de focaliser la construction de mes séances sur un objectif de développement personnel, d’expression des émotions et de la parole, de défouloir. Et ce format marcha plutôt bien. Je remarquai rapidement qu’une fois la confiance installée et les barrières de la pudeur levées, les exercices faisaient du bien aux résidents, certains se sentaient valorisés d’avoir réussi à les accomplir, et cela réveillait des aspects positifs de leur passé…

A suivre…

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