Once I was a teenager – D√©pression time

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« j’ai d√©cid√© de vivre.¬†vivre et me battre pour avoir une place. envers et contre tous ceux qui voudront m’√©craser. fermer la bouche des autres avant que les vip√©res et les cafards n’en sortent. aimer et √™tre l√† pour tous les gens pour lesquels je compte. ne plus souffrir comme de par le pass√©. faire un chemin, aussi long qu’il le faille, pour devenir moi m√™me. exactement moi m√™me. pouvoir faire ce que j’ai envie sans √™tre entrav√© par les autres. conna√ģtre ce dont a besoin un √™tre humain. vivre en paix. pouvoir explorer pleinement les infinies possibilit√©s de ce mot. fonder une famille, travailler et gagner dignement ma vie. r√©aliser mes r√™ves. oui. Je vais faire tout √ßa. « pensa le vieux clochard de 50 ans devant la glace des toilettes publiques. »¬†

« je n’ai jamais os√© te dire …
Quoi, en fait ?Des milliers de choses.
Je regarde passer les gens, la main sur mon ventre. Je n’arrive pas √† me calmer. Ma respiration m’√©touffe presque. Je n’ai jamais os√© te dire  » je t’aime « .
On m’a donn√© une minute pr√©cise. Ne pas la rater. Une goutte de sueur glisse le long de mon nez.
J’aurais tellement aim√© pouvoir te toucher, au moins, avant √ßa. Pouvoir lisser de mes doigts la courbure myst√©rieuse de tes hanches. Embrasser ta peau et tes l√®vres. T’avoir rien qu’√† moi. Te sentir, telle une √©motion, em moi-m√™me, ou presque.
J’aurais voulu te rendre heureuse.
Je vais tout perdre.
Te perdre.
J’√©touffe.
Je crève avant même de devoir mourir.
Une femme me regarde sans me voir.
Je ne saurais jamais quelle sensation donne le toucher de tes cheveux. Quel parfum ont-ils?
Je t’aime trop. Je te veux.
Je ne t’aurais jamais.
Tu es la douceur incarnée. Ton sourire est de miel. Tes yeux sont des lacs dans lesquels je vais plonger.
C’est l’heure.
Je dois le faire. Je dois le faire.
Je me lève, approche ma main de ma veste.
Pourquoi moi ?
Je vais pleurer.
Un homme s’approche :
« -Eh toi !  » Je tire sur le cordon.

« -Bonjour, nous sommes le lundi 21 septembre et il est 9h pass√©es de 6 minutes. Les informations : un nouvel attentat suicide a fait 30 morts √† J√©rusalem …  »

« Tu hurles. Tu hurles pour tous ceux qui ont √©t√© massacr√©s. Tu hurles ta volont√© de vivre. Tu ne veux pas mourir. Tu hurles pour les faire partir, comme un enfant qui crie apr√®s un cauchemard. Tu hurles pour que tout √ßa s’arr√™te, pour que tout √ßa disparaisse. Tu hurles ta rage. Ta douleur physique. Ta douleur de vivre, aussi. Tu hurles pour qu’on t’entende, enfin. Tu hurles pour elle. Tu hurles parce qu’elle y est pass√©e avant toi. Tu te d√©bats. On te frappe. Tu hurles encore une fois. Tu hurles encore, et toujours. Tu hurles √† te casser la voix. Tu hurles √† te d√©chirer les cordes vocales. Tu hurles, nu, d√©pouill√©, souffrant. Tu hurles, et tu sais que c’est tout ce qu’il te reste. Tu ne veux pas mourir. Tu ne veux pas souffrir avant de mourir. Tu as encore des ann√©es √† vivre. Tu as encore des choses √† d√©couvrir. D√©ja l’oxyg√®ne te manque. Tu hurles que tu ne veux pas tout quitter. Tu hurles que tu veux vivre. Tu hurles que tu veux voir le monde √©voluer. Tu hurles tout ce qui te passe par la t√™te. C’est une question de vie ou de mort. On te rit au nez. On te houspille. Tu leur craches au visage. On t’empoigne √† trois. Tu te d√©bats encore une fois. Un quatri√®me t’attrappe la jambe. D’un geste brusque, vif et √©nergique, on te la d√©boite. Deuxi√®me geste. Ton genou est cass√©. Tu hurles toujours plus fort. La douleur t’emp√™che de marcher. Alors tu hurles encore une fois, la derni√®re fois, tandis qu’on te tra√ģne vers les chambres √† gaz. »