Japon, Maïko et Pokémon

resized maïko

Si je m’appelle Aya, c’est à cause d’une japonaise venue chez mes parents un an avant ma naissance. Lorsque ma famille se décida à donner un nom à cet embryon d’existence qui grandissait dans le ventre de ma mère, ils choisirent de m’appeler comme cette jeune fille du Soleil Levant. Ils l’avaient beaucoup aimée, et gardèrent contact avec elle longtemps après son départ. Ca ne faisait aucun doute, viendrait un jour le temps où nous irions voir Aya chez elle, à Yokohama.

Année 2000. J’ai huit ans, en plein milieu de Tokyo. Je ne comprends rien à cette harmonie à la fois technologique et ancestrale qui m’impressionne. J’ai des jouets plein les poches, des histoires plein la tête, et un gros pikatchu jaune à la queue décousue  sous mon bras.

Je regarde la nature à la fois sauvage et disciplinée du jardin du Temple au Mille feuilles d’or. Je ne ressens rien de particulier, mais au fond de moi je ne suis pas insensible à ce paysage synonyme de paix, de pléonasme du beau même. Je n’ai presque aucun souvenir des couleurs de la corolle des fleurs, mais je sais exactement ce que j’ai ressenti en voyant tout ce soin. Je me sentais bien. J’avais envie de découvrir l’intérieur du temple brillant comme le soleil. Je m’imaginais nager jusqu’au seuil, et enlever mes chaussures pour ne pas souiller son indicible magnificence.

Mais je suis sur les marches qui mènent au jardin, une petite fille aux mille pensées avec un pikatchu en peluche sous le bras. Je regarde mes parents et ma famille de coeur japonaise en bas des marches de pierre et me prépare à descendre lorsque quelqu’un m’attrape le bras. Je me tourne et découvre derrière moi une maïko qui me regarde avec condescendance, son kimono superbe tranchant avec son maquillage blafard. Elle m’impressionne avec ses lèvres couleur sang et ses cheveux coiffés avec soin et technique. Mi-étonnée mi-flattée, je me retourne vers mes parents pour comprendre ce qui m’arrive. Papa, sourire aux lèvres, sort son appareil photo. Clic-clac. Le moment est immortalisé sur la pellicule, en plus du souvenir.

Une partie de mon enfance, à jamais, restera japonaise.

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