Pourquoi j’ai décidé de changer de régime alimentaire

Alors je vous vois venir. « Ouiiiii, encore une putain de vegan qui va nous servir un discours moralisateur de merde, ouiiiiiii, yen a marre de ces bouffeurs de brocoliiiiis… ». Les vegans ont une très mauvaise image auprès de beaucoup, il est vrai. On en a tous croisés des chiants, des culpabilisateurs, d’autres qui te traitent d’assassin lorsque tu leur mentionnes le menu de ton dernier repas. Et bizarrement d’ailleurs, on se souvient beaucoup moins de ceux qui respectent tes choix, qui débattent avec toi sans t’agresser, ou qui ne cherchent pas à te convertir au véganisme après deux minutes de conversation. (vidéo de Didi Chandouidoui qui répond à Anne So Fruit https://www.youtube.com/watch?v=FhkEwo3O3N0, et qui montre bien selon moi le cliché du/de la végan(e) chiant(e) et les autres) Mais ça c’est comme partout, on se souvient toujours de ceux qui gueulent le plus fort. Qui n’a jamais fait de blague sur les féministes castratrices?

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Je vous arrête tout de suite, je ne suis pas vegan, végétalienne, ou antispéciste. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai omis de mentionner ce terme connoté dans le titre de mon article, même si je l’inclurai sûrement dans les tags. Je n’aime pas plus les animaux que les hommes, je ne souhaite pas l’extinction de l’espèce humaine pour sauver la terre, bien au contraire. Je ne veux pas me catégoriser en tant que vegan. En premier lieu parce que je n’aime pas les étiquettes, et que la mode est à en coller sur tout et n’importe qui. Ensuite, parce que mes raisons divergent (verge) selon moi de celles des vegans que j’ai pu rencontrer. Je ne suis pas en train de dire que je suis extraordinaire, attention! Je pense simplement que mes raisons, l’éthique mon choix (puisque beaucoup utilisent ce terme) ne suffisent pas pour qu’on puisse me catégoriser en tant que vegan. A la limite, future végétalienne, pas future vegan. Si vous voulez. Mais moi j’aime pas les étiquettes.

Je m’explique.

Je suis une mangeuse de viande. J’adore le shawarma, les cheeseburgers, l’aligot, les yaourts, le lait fraise, et plein d’autres choses. Pourtant, j’ai décidé de progressivement arrêter de manger de la viande, et consommer des produits laitiers. C’est une grande décision pour moi, et j’avais envie de partager les raisons qui m’ont poussée à la prendre. Parce que ça me permettra d’y voir plus clair sur ce choix, et peut-être que certains trouveront ma réflexion intéressante, qui sait.

J’ai toujours été sensible à la cause écologique. Le réchauffement climatique, le changement que l’on vit tous et cette crise à laquelle il va falloir qu’on fasse quelque chose. Je vous passe les détails sur mon opinion, je ne doute pas que vous en compreniez les raisons. On vit tous sur cette planète, et on en souffrira tous si toutefois elle devient vraiment invivable. Et c’est déjà le cas à certains endroits du globe.

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Sécheresse au Sahel… 

Bref, passons. J’aime l’humain dans sa globalité, et j’aime l’humanité malgré ses mauvais côtés. Et j’espère qu’on arrivera à trouver une solution à cette crise avant qu’il ne soit trop tard. Je pense cependant que le changement ne viendra pas de nos dirigeants, trop parasités par l’argent et les intérêts financiers des uns et des autres. Le changement qui s’est déjà amorcé viendra de nous, de la base. Et il va tous falloir qu’on continue à se bouger. Si un jour j’ai des enfants, j’ai envie de leur offrir un monde qu’ils pourront parcourir à leur guise, et qui les émerveillera autant que moi lors de mes voyages. C’est pour cela qu’en premier lieu, j’ai commencé à essayer d’économiser l’énergie, de moins jeter, de mieux et moins consommer, réduire mes déchets, acheter une cup, des serviettes réutilisables, réduire mes possessions matérielles, passer au savon-shampooing-dentifrice naturel…

Mais revenons sur les voyages. Cet été, en juillet, je suis allée en Israël et sur les territoires palestiniens. Dans ma vie j’y suis allée trois fois en tout, j’en parlerai d’ailleurs dans un prochain article. Mais ceci est une autre histoire. J’ai travaillé en tant que bénévole pendant trois semaines à Jérusalem, et ai eu le temps de bouger à plusieurs endroits du pays, notamment sur les territoires palestiniens. Outre le fait que l’agriculture y consomme beaucoup plus de pesticides qu’en France, une chose m’a marquée que j’avais oubliée, c’est la gestion des déchets. Là bas, à Bethléem, Ramallah, ou dans les quartiers arabes de Jérusalem, les rues sont très sales. Du côté israélien on trie, mais pas du côté palestinien. On trouve très peu de poubelles, au mieux un conteneur tous les kilomètres, et encore. Ce qui fait que les ordures ménagères s’entassent au milieu des sacs plastiques, des restants de nourriture, des emballages plastiques et des bouteilles de verre. A l’entrée de Ramallah, la capitale économique palestinienne, des déchetteries sauvages cernent les routes, habillées de carcasses de voitures et de montagnes de déchets. A Bethléem, j’ai vu de minuscules ruelles tellement encombrées de déchets que le passage y est impossible. Là où nous habitions, le vent ramenait tous les jours de nouveaux déchets, sacs plastiques, emballages, que l’on s’acharne ou pas à garder l’endroit propre.

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Mur du checkpoint à l’entrée de Ramallah : « Imagine war is over »; « One wall two jails » 

Alors bien évidemment, je ne vous apprendrai rien en vous disant que là bas, la situation est tout autre qu’en France. Et que les gens ont d’abord à penser à leur survie, avant de penser à trier les déchets. Dans tous les cas, il me semble que la pollution là bas est liée à un souci d’éducation, d’abord. En France, on a tous appris à l’école à ne pas jeter ses papiers par terre, et aujourd’hui nos rues sont bien plus propres qu’il y a 20 ans. Eux n’ont pas encore entamé ce travail, pour les raisons que l’on sait. Ensuite, la deuxième raison est liée aux moyens dont ils disposent. Le salaire moyen d’un palestinien est de 1400 shekels, soit 365€. Le niveau de vie, assez élevé, maintient la population dans une situation précaire, et un grand nombre de gens sont pauvres. Il en est de même pour l’Autorité Palestinienne, qui dirige les territoires qu’Israël a bien voulu leur laisser. Pourtant les villes se développent, tant bien que mal, alors j’imagine que pour l’instant la gestion des déchets est une affaire secondaire.

Quand j’ai revu tout ça, j’ai imaginé tous les endroits du globe où la situation est similaire (et mon Dieu qu’il y en a un paquet!). J’ai pensé aux montagnes de déchets, de gaz d’échappements, de produits chimiques encore utilisées par les populations du Tiers-Monde, du Moyen Orient, d’Afrique ou d’ailleurs, là où les gouvernement sont soit trop pauvres, soit trop instables, soit trop perturbés ou même trop cons pour changer les choses. Le premier mot qui m’est venu à l’esprit a été « Merde, ça craint ». Et puis j’ai considéré ma propre situation. Je crois, et je croirai toujours qu’ensemble on changera les choses. Et je crois toujours qu’on y arrivera. Traitez moi d’utopiste si vous voulez, je m’en fous. Allez écouter « Imagine » de John Lennon et fermez vos gueules.

J’ai donc pensé à ma situation en France. J’ai eu la chance de naître du bon côté de la frontière, et du bon côté de la précarité. Ma famille n’est pas riche, mais pas dans le besoin non plus. La situation politico-socio-économique n’est pas rose en France, mais qu’on le veuille ou non elle n’est pas catastrophique non plus. On a la chance de vivre dans un pays où l’on peut à peu près dire, faire ce que l’on veut, aller où l’on veut. On peut y vivre plutôt correctement, plutôt décemment pour une bonne partie de la population. Et j’en fais partie. J’ai même le pouvoir de choisir ma voie, de choisir mon mode de vie, et de le mener comme je l’entends. J’ai le pouvoir d’agir, ce que tout le monde n’a pas.

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Alors, que puis-je faire?

J’ai réfléchi. Je n’ai pas de voiture, j’essaie de consommer moins et mieux, j’essaie d’économiser l’énergie, l’eau, de construire un mode de vie minimaliste.

Il se trouve que l’une des trois premières causes de pollution sur terre est constituée par les élevages de viande. J’ai considéré ce fait, et j’ai réalisé que je n’avais pas vraiment besoin d’en manger. J’en consomme déjà peu, et n’en achète presque jamais à cause du prix qu’elle coûte. Et pour le lait, c’est globalement la même chose. Et il existe plein d’alternatives, d’ersatz de viande dont le goût et la consistance se rapprochent quasiment parfaitement du produit original.

Alors voilà. Je n’ai pas décidé d’arrêter de manger de la viande parce que je trouve malsain de manger des cadavres, au contraire. L’homme étant omnivore, il est donc naturel de manger de la viande, au même titre que le reste. C’est notre mode de consommation actuel de la viande qui n’est pas normal. Nous en consommons constamment, beaucoup trop, en produisons énormément et dans des conditions déplorables. Nous en jetons aussi beaucoup, plutôt que d’en faire profiter des populations qui, elles, pourraient survivre avec ce surplus de nourriture. J’ai la chance de vivre dans un pays développé, et d’avoir un niveau de vie qui me permette de vivre mieux, en accord avec la nature, de consommer mieux, et même de choisir mon alimentation, contrairement à de nombreux autres pays où nos semblables se battent pour survivre avant toute chose.

Pour reprendre la Parabole du colibri de Pierre Rabhi, puisque je n’ai pas plus besoin que ça de manger de la viande et consommer du lait, à partir du premier août 2017 j’arrêterai donc progressivement d’en consommer pour « Faire ma part ». Parce que contrairement à d’autres, je le peux. Et que le fait de travailler à tous réduire notre empreinte carbone contribuera à sauver cette magnifique Terre que nous habitons, l’espèce humaine, la faune et la flore, et que cette cause me tient tout particulièrement à coeur. Et j’ai hâte que petit à petit, la Planète Bleue se peuple de milliards de Colibris, qui travailleront à « Faire leur part », chacun à leur manière.

Aya Gérard, aka Fabre Minuit

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