Dream – nouvelle

couloir-hopital

Mes yeux s’ouvrent lentement, comme alourdis par une substance étrangère à mes fluides corporels habituels. Tout autour de moi, je ne perçois rien hormis le silence, et une blancheur médicamenteuse apaisante.

Aucun bruit.

Je ferme les yeux, ou tente de le faire, afin de profiter encore de la torpeur de mon sommeil que je viens de quitter. Je me roule en boule et m’enfouis sous ma couverture, dans l’espoir de m’envelopper encore une fois de la chaleur de mon corps répandue sur le matelas pendant la nuit.
Quelle heure est-il?
Je m’immobilise.

A l’abri, à la manière d’un enfant creusant sa forteresse dans les replis de la couette, je profite du sentiment de sécurité qui m’envahit.
J’vais dormir encore un peu.
Comme ce silence est semblable à du coton…

J’attends, mais le sommeil ne vient pas.
Je décide alors de me repasser un souvenir agréable pour m’endormir, et laisser s’en aller mes pensées vers la torpeur. Je me creuse l’encéphale pour trouver du passé.
Mais rien ne vient.
Ou plutôt si. La blancheur qui m’avait sauté au regard à mon réveil envahit chaque recoin de ma tête. Je ne sais rien d’autre que ce blanc, ce blanc, ce blanc. Et ce silence. Il n’y a rien d’autre dans ma tête.
Un sentiment de terreur sourde m’envahit peu à peu. Le silence semble peser sur ma poitrine comme une chape de plomb. Mes oreilles se tendent et semblent chercher désespérément un bruit dans cette mer privée de son. Et je me relève brusquement.

Je suis dans une chambre d’hôpital, blanche comme le lait, meublée seulement d’un lit de camp en fer et pourvue d’une haute fenêtre à barreaux baignée par le soleil. Passant avec difficulté de la station assise à la station debout, j’entreprends de me diriger vers la porte de ma chambre, afin d’aller chercher un semblant de compagnie au sein de l’hôpital, pour tromper l’ennui à défaut de trouver le sommeil.
Pas un oiseau ne chante.

J’entrouvre la porte, m’attendant à voir une effervescence de blouses blanches et d’intraveineuses reliées à des bras décharnés, ou de moins une présence qui pourrait me renseigner sur la raison de mon hospitalisation.
Mais le couloir est vide.
Nous sommes pourtant à une heure tardive dans la journée, à en juger par l’intensité du soleil.
Je me dis que je trouverai bien quelqu’un en fouillant l’hôpital. J’avance, marche à travers les couloirs d’une blancheur de lait, passe devant des dizaines de portes fermées, toutes aussi impersonnelles les unes que les autres.
Mais je ne croise personne.
Je commence cette fois-ci à me poser des questions.
Que fais-je ici, dans un établissement médical complètement vide? Et pourquoi est-il vide? J’arrive dans ce qui semble être une salle d’attente, elle aussi privée de l’agitation qui devrait la remplir. J’inspecte chaque fauteuil, sans raison précise, m’attendant peut être à trouver quelqu’un caché en dessous.
Alors que j’examine la troisième rangée, quelque chose attire mon attention. Je m’approche, intrigué.

Un cadavre.
C’est un cadavre, abandonné dans la salle d’attente, figé dans une position exprimant une douleur extrême, que le temps avait commencé à ronger.
Je recule, effrayé.
Que se passe-t-il?!
Je m’enfuis de la salle, mes pieds se prennent dans ma blouse de malade, je tombe sur le sol de tout mon long.
Je me relève. Ma tête me tourne.
Je cours.
Je parcours des couloirs, vides. Vides, vides, vides. Des portes. Encore des portes. Du blanc partout. Des chariots abandonnés, avec des repas moisis et du matériel médical inutilisé. Personne.
Pas une Âme qui vive.
A bout de souffle, j’arrête ma course, et m’effondre assis contre un mur.
Que se passe-t-il. Que se passe-t-il.
Devant moi, des toilettes. Je me lève, et pousse la porte.
J’actionne le robinet, l’eau coule miraculeusement dans mes mains jointes.
Reprendre mes esprits.
Je plonge dans cette eau glacée que mes mains contiennent.
Je me sens mieux.
Je relève la tête pour me regarder dans le miroir.
Personne.

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